Emmanuelle L.

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Brexit Romance
par (Libraire)
7 septembre 2018

Brexit Romance

Le bon livre pour finir l’été ! Aujourd’hui, je vais vous présenter Brexit Romance, de Clémentine Beauvais aux éditions Sarbacane.

L’histoire : Marguerite est une petite chanteuse française, invitée à se produire à Londres avec son maitre de chant, Kamenev. La jeune fille est enchantée de ce voyage, et se voit déjà vivre un conte de fée romantique avec un beau lord anglais au charme mystérieux… Kamenev, lui, veut en finir au plus vite avec ce pays d’arriérés politiques.

Leur virée va prendre une tournure inattendue avec la rencontre de Juliette Dodgson, une britannique à la langue affutée et aux convictions politiques aussi à gauche qu’une voiture anglaise. Son grand projet est une start up au nom secret de Brexit Romance. L’objectif ? Organiser des mariages blancs entre français et anglais, pour permettre aux premiers de vivre sur le territoire de la reine, et aux seconds d’obtenir un passeport européen. Pas question d’amour dans cette relation, bien au contraire : les sentiments, ça complique toujours tout.

Après nous avoir régalé avec Les Petites Reines, Clémentine Beauvais nous ressert une romance au bon goût de thé. Evidemment, rien ne va se passer de façon simple : comment convaincre Marguerite, qui rêve de l’amour parfait de s’engager dans un mariage arrangé ? D’autant que Kamenev veille et ne laissera pas sa protégée s’égarer dans les affres de la culture britannique.
Car c’est là qu’est toute la force du roman : un choc des cultures franco-anglais, qui crée autant d’incompréhension que de sourires complices. L’auteure manie à la perfection les deux langues et nous en fait profiter à toutes les sauces. Bien évidemment, Marguerite ne sera pas la seule à être
prise dans une histoire de coeur. En filigrane, tous les empêcheurs d’aimer en rond en prennent pour leur grade, que ce soit les vieux réactionnaires de droite et les trop grand bien pensant de gauche, avec une plume parfois acerbe mais jamaismalveillante.

C’est Brexit Romance, de Clémentine Beauvais aux éditions Sarbacane au prix de 17€. Lisible dès 13 ans, jusqu’à l’âge de la reine !

Titan Noir
12,50
par (Libraire)
21 juillet 2018

Titan Noir

Engagé dans le même combat que le récent Jefferson de Mourlevat, je vous présente aujourd'hui Titan Noir.
A peine son BAC en poche, Elfie ne sait pas quoi faire de sa vie. Pour s'occuper et surtout pour commencer à être indépendante, elle accepte un job d'été dans un parc océanographique. Oh, pas besoin de compétences particulières. D'ailleurs, elle commence juste aux caisses et à l'accueil des visiteurs. Mais très vite, on lui demande de s'occuper des animaux, des manchots plus précisément. Et encore plus soudainement, on la nomme dresseuse de Titan, l'orque star du parc. Un orque entièrement noir...
En parrallère d'Elfie, une autre voix nous raconte le parc. Un inconnu, apparemment agé, qui suit Titan de parc en parc depuis des décennies. A travers ses yeux fatigués, on découvre l'envers du décor du parc, et le traitement réservé aux animaux marins.
Car très vite, la jeune Elfie est bouleversée par ce qu'elle découvre. On manque de moyens pour prodiguer des soins, les propriétaires du parc veulent toujours plus de rendements, et beaucoup d'animaux semblent souffrir de maltraitance - du fait de l'homme parfois, de leurs congénères souvent. Petit à petit, Elfie va essayer d'aider ces animaux avec ses maigres possibilités. Titan, après tant d'années en cage, ne semble pas pouvoir être apaisé.
C'est un roman coup de poing, engagé contre la maltraitance animal dans les zoos marins et autres aquariums. A travers le témoignage d'Elfie et de l'inconnu, on est confronté violemment à la réalité de ces parcs, tout ce qu'on ne voit pas derrière les flashs des appareils photos. Et tout est inspiré d'une histoire vraie : Titan, sous un autre nom, a souffert comme l'orque du roman.
Heureusement, celui-ci finit sur une note d'espoir, même si personnellement, ça m'a coupé toute envie de retourner au zoo.

Meto - Tome 01, La Maison

La Maison

Glénat BD

16,90
par (Libraire)
21 juillet 2018

Soixante quatre garçons vivent dans un pensionnat qu'on appelle la Maison. Cloitrés, ils doivent écouter les Césars, suivre les règles et surtout ne pas grandir trop vite. Ceux qui n'obéissent pas finissent par disparaître. Pourtant, dans cet univers rude et carcéral, un espoir s'éveille : Méto.
Il y a 10 ans sortait Méto, le roman de science-fiction de Yvez Grevet. On découvrait alors un univers froid, impitoyable, mais surtout une ambiance qui prend aux tripes : à chaque réponse qu'on trouve, deux questions apparaissent...

Et aujourd'hui paraît l'adaptation en BD de l’œuvre. Et... ça claque !

On retrouve la même histoire : Méto est un des plus grand de la maison, il doit donc s'occuper des plus jeunes. En apprenant les règles de l'endroit à Crassus, le dernier arrivé, il nous introduit à son univers : levée et couchée à heure fixe, soixante secondes entre chaque bouchée à table, ne pas regarder de travers les Césars... Il doit toujours y avoir 64 garçons, ni plus ni moins.
Et vient la scène de l'Inche. Qu'est ce donc ? C'est un jeu de balle que pratique les occupants de la maison. En deux équipes de 6, armurés, ils doivent réussir à placer une énorme balle dans les ouvertures des murs en se servant uniquement de leurs dents. Tous les coups sont permis, et aucun joueurs n'en sort indemne. C'est là que l'on comprend réellement la violence.
Et le génie, c'est que le dessin est à la hauteur de l'ambiance ! Glaçant et net, tout est carré. La seule trace de couleur vient des armures de l'Inche, rouge chair – comme si tous les muscles étaient à vif.
Et tout ça, ce n'est qu'un premier tome, une introduction qui ne fait que nous préparer à la suite... ou on espère avoir un peu plus de réponses que de questions !

Orage, petit seigneur des ténèbres
par (Libraire)
6 juillet 2018

Il y a une chose qu'on aime bien chez Jeux Bouquine : c'est quand les méchants sont au centre de l'histoire.
Marre des chevaliers qui délivrent les princesses, des aventuriers qui s 'emparent des trésors, et des magiciens qui sauvent le monde ! On a déjà tout vu.
Non, les méchants, c'est le futur. Et comme on dit aussi que « Les enfants, c'est l'avenir »... pourquoi ne pas aller jusqu'au bout et clamer : « Les enfants méchants, c'est l'avenir du futur ! »

Tout ça pour vous parler de notre dernier coup de cœur : Orage, petit seigneur des ténèbres

Orage est le fils du terrible seigneur Sombreflamme, un tyran démoniaque qui terrorise le royaume du Bien depuis sa forteresse noire. Pourquoi ? Eh bien, parce qu'il faut forcément un seigneur du Mal pour terrifier le Bien. C'est la tradition, c'est comme ça.

Un jour, Orage devra succéder à son père, enlever la princesse et perdre contre le chevalier. C'est son rôle dans l'histoire. Il suit donc des cours pour devenir un seigneur des ténèbres convaincant : rire de façon démoniaque, terroriser des villageois, chevaucher un dragon ou écrire une lettre de rançon (bourrée de faute, cela va de soi).

Mais Orage en a plus qu'assez ! Toujours obéir pour au final devoir perdre contre un idiot prétentieux en armure ? Non ! Le petit seigneur a alors une idée : si il enlevait la princesse maintenant, des années avant la date traditionnelle... alors après, il pourrait faire ce qu'il veut !

Commence une quête pleine de rebondissements, où l'on découvre que la princesse en a aussi plus qu'assez de son rôle de belle à secourir.

Orage, petit seigneur des ténèbres est un livre drôle et fantastique, où les codes habituels des contes de fées et romans de fantasy sont torturés. La princesse n'est pas une potiche, le méchant aimerait bien gagner pour une fois, et les forces du Bien sont détestables. Et au delà de l'aventure et de l'humour, on a une vraie question qui se pose : qui décide ce qui est bien ou mal ? Pourquoi est ce qu'on devrait suivre ça, si on est pas d'accord ?

Tome 1, Warcross

Tome 1

Pocket Jeunesse

18,50
par (Libraire)
31 janvier 2018

Warcross en trois mots : jeux vidéo, science fiction, chasseur de prime.

Oui, je triche un peu en vous donnant techniquement plus de trois mots. Mais vu que l'héroïne de Warcross est une hackeuse émérite qui se retrouve projetée au milieu du plus gros tournoi de l'histoire du jeu vidéo, la triche est un peu le sujet.

On suit l'histoire d'Emika Chen, qui jusque là n'a pas une vie bien joyeuse. Orpheline à onze ans, elle en a aujourd'hui dix-huit et a déjà un casier judiciaire derrière elle. Elle traîne encore les dettes que lui a laissé son père avant de mourir, et n'a pas d'autre choix que de s'improviser chasseuse de prime pour survivre au jour le jour. En plus de ça, elle risque l'expulsion de son appart miteux si elle ne peut pas payer son loyer en retard...
Elle tente donc de hacker une partie officielle de Warcross, ce qui peut lui rapporter gros, très gros.
Mais, qu'est ce donc que ce fameux Warcross ? C'est un jeu vidéo révolutionnaire, auquel est accro 90% de la population mondiale. Un univers de réalité virtuelle ultra-immersif, qui se superpose au monde réel. Les meilleurs joueurs sont adulés comme les plus grandes stars de la chanson.
Et la petite tentative de hack d'Emika ne va pas passer inaperçu. Le créateur de Warcross va la contacter et lui proposer de rejoindre le tournoi annuel du jeu. Cette invitation est une couverture, car le véritable job qu'il lui propose est tout autre : qu'elle se glisse au milieu des joueurs pour retrouver un autre hacker, Zero, qui menace tout le réseau du jeu.
A partir de là, le livre se découpe entre enquête au plus profond du dark web, et tournoi sportif pour rester dans la compétition.

Un vrai page turner ! Entre toutes les différentes intrigues, jamais l'action ne s'arrête, et Emika est une héroïne forte que l'on veut vraiment voir réussir, dans la droite lignée des Hunger Games. Les joueurs apprécieront les références à leur univers (notamment celle au grand Leeroy Jenkins), mais celles-ci restent assez discrètes pour ne pas alourdir la lecture pour les néophytes. On appréciera tout particulièrement le monde qui se crée avec Warcross : la superposition du réel et du virtuel offre des possibilités nouvelles à l'auteure, qui les exploite à fond pour nous offrir un futur qu'on imagine sans mal se réaliser.

On approuve, pour tous les fans de Hunger Games, U4, Divergente...